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	<title>le monde motard, objet sociologique &#187; Billets</title>
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	<description>quelques instantanés lacunaires pris dans un long parcours</description>
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		<title>phase deux</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 17:21:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Berger</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors, c&#8217;est quoi, un mémoire de M2 recherche de sociologie de l&#8217;action collective lorsque, comme c&#8217;est ici le cas, il est consacré au mouvement motard français ? Le M2, d&#8217;abord, qui a depuis peu remplacé le DEA, clôt un cycle de cinq années d&#8217;études, et ouvre sur une autre phase, celle qui, après trois années supplémentaires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors, c&#8217;est quoi, un mémoire de M2 recherche de sociologie de l&#8217;action collective lorsque, comme c&#8217;est ici le cas, il est consacré au mouvement motard français ? Le M2, d&#8217;abord, qui a depuis peu remplacé le DEA, clôt un cycle de cinq années d&#8217;études, et ouvre sur une autre phase, celle qui, après trois années supplémentaires de dur labeur, permettra aux acharnés de soutenir leur thèse, et d&#8217;obtenir le grade de docteur. On se trouve ici à la charnière entre des études généralistes, idéalement pourvues de débouchés variés, et une spécialisation qui conduit à choisir à la fois une certaine carrière, celle du chercheur, un domaine d&#8217;études particulier dont on espère fermement qu&#8217;il sera inédit et, par là-même, dépourvu de concurrents, et une approche précise par laquelle, en quelque sorte, dans l&#8217;univers des sociologues, on choisit son camp. D&#8217;une certaine façon, le M2 représente pour un étudiant le premier travail dont il est généralement admis qu&#8217;il bénéficie d&#8217;une incontestable légitimité scientifique. Son envergure reste pourtant limitée, à la fois par le temps que l&#8217;on y passe, en principe une année, contre trois pour la thèse, les moyens dont on dispose, le budget en particulier qui, en l&#8217;espèce, est entièrement auto-financé, et les exigences de votre directeur de recherches.</p>
<p>Ce travail a donc un objet : le mouvement motard qui est apparu en France voici maintenant trente ans et s&#8217;est rapidement incarné dans ce qui est devenu, en particulier après les assises fondatrices du Havre de février 1980, la <a href="http://www.ffmc.asso.fr/spip.php?rubrique2" target="_blank">Fédération Française des Motards en Colère</a> laquelle, comme nous le savons, poursuit aujourd&#8217;hui encore ses activités revendicatrices. Cet objet est traité selon une approche particulière, celle de la sociologie politique de l&#8217;action collective et des mouvements sociaux. Il ne s&#8217;agit donc pas d&#8217;un travail historique, même si le mémoire n&#8217;ignore pas la chronologie, et l&#8217;ignore d&#8217;autant moins qu&#8217;il cherche à montrer comment l&#8217;accumulation progressive d&#8217;une expertise concrète, la lente et nécessaire professionnalisation du mouvement et de ses composantes, la réponse aux nouveaux défis posés en particulier par la législation européenne ont forcé la mutation de la FFMC d&#8217;un état essentiellement réactif et peu structuré vers une entité qui occupe une position unique et centrale dans l&#8217;univers de la moto, et sans laquelle rien ne peut vraiment s&#8217;y construire. Mais les événements n&#8217;y apparaissent pas simplement en tant que tels, et il n&#8217;est nullement question, sauf dans la première partie, de chercher à expliquer pourquoi les choses se sont passées ainsi, et encore moins de le faire de manière exhaustive.<br />
Puisque l&#8217;on s&#8217;intéresse à l&#8217;action collective, ce moment toujours assez mystérieux où des individus qui possèdent des propriétés communes et se reconnaissent dans un destin partagé et un ennemi identique décident, sans nécessairement se connaître, d&#8217;agir, et lancent un mouvement qui conduira au moins à créer une organisation plus ou moins pérenne, à définir des revendications, à organiser des actions, on laissera de côté le reste. Le reste, ce sera par exemple la singularité étonnante d&#8217;une FFMC qui, bien que fondée par des syndicalistes et des militants d&#8217;extrême-gauche, refusera longtemps de se doter d&#8217;une structure stable et de permanents, favorisant ainsi une forme de conflictualité récurrente ponctuée d&#8217;exclusions et de révolutions de palais. Relevant d&#8217;une sociologie des organisations qui ne sera pas employée ici, ce thème ne sera guère évoqué que par l&#8217;influence négative qu&#8217;il a eu sur l&#8217;action collective. De la même façon, on ne traitera pas, ou alors avec un objectif identique, d&#8217;une dimension certes fondamentale pour ceux qui y ont participé et y participent encore, l&#8217;inclusion du mouvement et de ses structures dans l&#8217;optique plus large de l&#8217;économie sociale ; celle-ci n&#8217;ayant pas comme but premier la suppression de réglementations restrictives, ni comme moyen d&#8217;action favori la manifestation de rue, n&#8217;entre en effet pas dans le cadre de ce travail. Et s&#8217;il y sera, par exemple, question de la mobilisation qui conduisit à la souscription du capital initial de la Mutuelle, c&#8217;est en tant que mobilisation, et parce que la façon dont elle fut conduite présente un intérêt théorique notable.</p>
<p>En effet, un travail de ce genre s&#8217;inscrit dans une certaine continuité, celle de recherches traitant de sujets suffisamment proches pour qu&#8217;il soit possible à la fois de réemployer l&#8217;appareil théorique construit par leurs auteurs, et d&#8217;utiliser ces travaux eux-mêmes dans le but de produire ces éléments de base indispensables à la validation des hypothèses sociologiques, les comparaisons. Evidemment, il y a un problème : des recherches aussi longues qu&#8217;infructueuses ont permis de s&#8217;assurer que, au niveau français, ce travail est sans précédent ; en conséquence, il sera impossible de s&#8217;appuyer sur des analyses portant sur le même objet. Dans la vaste palette des mouvements sociaux, ceux du moins qui ont eu la chance de retenir l&#8217;attention des sociologues, il y aura pourtant matière à comparaisons utiles lorsque les groupes sociaux en cause partagent des points communs avec les motards. C&#8217;est le cas par exemple d&#8217;une autre population victime de représentations négatives, voire de réglementations restrictives, qui possède la même propriété de transcender les appartenances sociales traditionnelles, et une façon comparable de s&#8217;organiser dans son recours à l&#8217;action collective, les homosexuels. Même limitées par la spécificité irréductible du mouvement motard, ces comparaisons, en quelques sorte, externes, fournissent des points d&#8217;appui aussi divers qu&#8217;indispensables.<br />
Tout cela explique pourquoi on lira dans ce mémoire des choses sans doute déconcertantes pour un non-spécialiste. On y trouvera, au gré de la littérature sociologique disponible, des comparaisons bizarres, avec, comme on l&#8217;a dit, le mouvement gay ou les mobilisations de sans-papiers, mais aussi les lobbyistes agricoles européens. On déplorera, faute de documents accessibles, et parce que, sur certains points, les entretiens manquent, des absences injustifiables. Enfin, on s&#8217;étonnera à tort qu&#8217;il n&#8217;y soit pas question, ou si peu, de l&#8217;AFDM, d&#8217;ERJ2RM, de la FFMC Communication, des GEM, des relais Calmos, ou, à l&#8217;inverse, de la présence récurrente de tel ou tel acteur, le directeur des rédactions des éditions de la FFMC par exemple, ou de la place accordée à Stop Vol ou à la Commission Juridique, structures que certains considéreront sans doute comme secondaires. En partie produits des circonstances, les choix qui ont conduits à privilégier tel élément se justifient pleinement d&#8217;un point de vue théorique. Les absences s&#8217;expliquent de la même façon, avec une circonstance supplémentaire : les 470 000 signes qui composent ce mémoire représentent à peu près le double du volume exigé pour un travail universitaire de ce genre. Et puis, il faut bien, en conclusion, l&#8217;avouer : même si tout a été fait pour le rendre, sinon aussi simple que possible, du moins aussi clair qu&#8217;à l&#8217;accoutumée pour les lecteurs habituels de ces lignes, ce mémoire, de toute façon, n&#8217;est définitivement pas destiné aux non-spécialistes. Ceux qui s&#8217;aventureront dans ses trop nombreuses pages le feront donc à leurs risques et périls. Ainsi avertis, ils pourront malgré tout le trouver <a href="http://sociomotards.net/wp-content/files/DBerger_M2_sociologie-mouvement-motard.pdf">ici</a>.</p>
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		<title>première étape</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Oct 2007 16:21:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Berger</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>

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		<description><![CDATA[
Les efforts constants qu&#8217;il faut d&#233;ployer pour &#233;crire son m&#233;moire de sociologie en un langage accessible ne suffisent pas &#224; le rendre totalement intelligible, d&#8217;autant que le recours &#224; un vocabulaire familier peut se r&#233;v&#233;ler trompeur. Aussi vaut-il mieux essayer de pr&#233;venir les erreurs d&#8217;interpr&#233;tation, et lui adjoindre, &#224; titre d&#8217;avertissement, une sorte de pr&#233;face, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[</p>
<p>Les efforts constants qu&#8217;il faut d&eacute;ployer pour &eacute;crire son m&eacute;moire de sociologie en un langage accessible ne suffisent pas &agrave; le rendre totalement intelligible, d&#8217;autant que le recours &agrave; un vocabulaire familier peut se r&eacute;v&eacute;ler trompeur. Aussi vaut-il mieux essayer de pr&eacute;venir les erreurs d&#8217;interpr&eacute;tation, et lui adjoindre, &agrave; titre d&#8217;avertissement, une sorte de pr&eacute;face, dont le premier objectif sera de rectifier une erreur. Contrairement &agrave; ce que j&#8217;&eacute;cris en introduction, et comme elle me le pr&eacute;cise dans un courrier &eacute;lectronique, Carole Soriano, auteur d&#8217;un m&eacute;moire de ma&icirc;trise consacr&eacute; aux motards de la r&eacute;gion de Perpignan disponible via sa biblioth&egrave;que universitaire, et d&#8217;un DEA accessible aux seuls Perpignanais, n&#8217;a pas r&eacute;pondu ainsi &agrave; la demande de son directeur de recherche&nbsp;: le sujet l&#8217;int&eacute;ressait depuis longtemps, et son directeur l&#8217;a surtout, &agrave; fort juste titre, mise en garde face &agrave; la difficult&eacute; qu&#8217;elle aurait &agrave; trouver des textes sociologiques relatifs aux motards. Ce qui, bien s&ucirc;r, ne fait que renforcer l&#8217;int&eacute;r&ecirc;t de son travail.</p>
<h3>d&eacute;viance et d&eacute;linquance</h3>
<p>Si l&#8217;on peut se contenter de d&eacute;finir la d&eacute;linquance comme le propre de ceux qui enfreignent la loi, la d&eacute;viance constitue un ph&eacute;nom&egrave;ne &agrave; la fois bien plus vaste et bien plus difficile &agrave; cerner. Pour <a href="http://socio.ens-lsh.fr/livres/livres_becker_outsiders_note.php" target="_blank">Howard Becker</a>, r&eacute;f&eacute;rence toujours fondamentale en la mati&egrave;re, on peut d&eacute;finir comme d&eacute;viants les individus &eacute;tiquet&eacute;s comme tels par les membres du groupe social auquel ils appartiennent, et notamment par ceux qui disposent du pouvoir d&#8217;imposer des normes, justement parce que les d&eacute;viants transgressent les normes en question. Il s&#8217;agit, en somme, de gens dont le mode de vie s&#8217;&eacute;loigne suffisamment de ce que le commun des mortels consid&egrave;re comme normal pour qu&#8217;ils soient jug&eacute;s, au minimum, comme un peu sp&eacute;ciaux. Il suffit de se souvenir des r&eacute;actions de sa hi&eacute;rachie,&nbsp;de ses coll&egrave;gues de travail, ou de ses voisins de palier, lorsqu&#8217;ils apprennent qu&#8217;on est motard, ou plus simplement de ces paternalistes conseils de prudence que l&#8217;on re&ccedil;oit alors, pour admettre que, dans la France d&#8217;aujourd&#8217;hui, rouler &agrave; moto repr&eacute;sente encore une forme de d&eacute;viance.</p>
<p>Dans son ouvrage qui constitue ma principale r&eacute;f&eacute;rence th&eacute;orique, <a href="http://home.earthlink.net/%7Ehsbecker/ "target="_blank">Howard Becker</a> &eacute;tudie deux groupes d&eacute;viants qu&#8217;il c&ocirc;toyait, voire auxquels il appartenait, lors de ses &eacute;tudes &agrave; l&#8217;universit&eacute; de Chicago dans les ann&eacute;es cinquante&nbsp;: le premier, les musiciens de danse jouant essentiellement dans des clubs, se caract&eacute;risait par un mode de vie particulier mais pas sp&eacute;cialement d&eacute;linquant l&agrave; o&ugrave; les membres du second, les fumeurs de marijuana, &eacute;taient d&eacute;viants parce que d&eacute;linquants. On peut parfaitement imaginer une d&eacute;linquance pratiqu&eacute;e de mani&egrave;re suffisamment massive pour constituer une norme, donc ne pas &ecirc;tre d&eacute;viante, par exemple quand, sur un tron&ccedil;on de route sp&eacute;cifique, presque tous les automobilistes ont l&#8217;habitude de rouler syst&eacute;matiquement au-dessus de la vitesse impos&eacute;e. Les motards, eux, pr&eacute;sentent l&#8217;int&eacute;r&ecirc;t d&#8217;&ecirc;tre toujours d&eacute;viants, et parfois d&eacute;linquants, notamment lorsque leurs machines sont d&eacute;brid&eacute;es et d&eacute;passent la puissance l&eacute;gale de 73,6 kw. Il n&#8217;y a alors rien d&#8217;excessif &agrave; &eacute;tablir un parall&egrave;le, comme je le fais dans une bonne partie du m&eacute;moire, entre les motards que j&#8217;ai rencontr&eacute;s et les consommateurs de marijuana d&#8217;Howard Becker, non que ces deux populations aient quoi que ce soit en commun, mais parce qu&#8217;elles auront recours &agrave; des pratiques, produiront des normes, &eacute;laboreront des justifications, construiront des carri&egrave;res, mettront en place des strat&eacute;gies pour &eacute;chapper &agrave; la r&eacute;pression ou se procurer des produits interdits qui, elles, seront comparables.</p>
<h3>la question de la repr&eacute;sentativit&eacute;</h3>
<p>Presque fatalement, les m&eacute;moires de master, autrefois ma&icirc;trises et DEA, de sociologie ont un point commun&nbsp;: ils &eacute;tudient un milieu d&#8217;une taille tr&egrave;s r&eacute;duite. La raison en est essentiellement pratique&nbsp;: quand un &eacute;tudiant doit produire un travail personnel dans son cursus de sociologie, travail auquel il consacre en principe une ann&eacute;e de dur labeur, et une seule, il lui faut se limiter &agrave; un objet facilement accessible et de taille modeste. A l&#8217;oppos&eacute; des grandes, lourdes et ch&egrave;res enqu&ecirc;tes de la sociologie fonctionnaliste, le m&eacute;moire qui en r&eacute;sultera rel&egrave;vera pour l&#8217;essentiel de l&#8217;enqu&ecirc;te ethnographique. Il serait, en cons&eacute;quence, tr&egrave;s p&eacute;rilleux de g&eacute;n&eacute;raliser ses conclusions &agrave; un milieu plus large, et plus encore, en l&#8217;esp&egrave;ce, au monde motard dans son ensemble. Ce m&eacute;moire a la particularit&eacute; d&#8217;avoir &eacute;t&eacute; &eacute;crit en recueillant observations et entretiens dans trois situations distinctes&nbsp;: dans un club &agrave; vocation touristique de la r&eacute;gion parisienne, gr&acirc;ce &agrave; un forum consacr&eacute; &agrave; un mod&egrave;le particulier, et avec les volontaires qui se sont manifest&eacute;s au travers de mon site web. Pourtant, rien ne dit que chacune de ces sources n&#8217;apporte pas ses propres biais. La composition sociale d&#8217;un club implant&eacute; dans les Hauts-de-Seine, et qui, par le jeu des affinit&eacute;s, regroupe des motards qui ont pass&eacute; la trentaine et sont d&#8217;un niveau social relativement &eacute;lev&eacute;, n&#8217;est pas n&eacute;cessairement repr&eacute;sentative des autres clubs de la r&eacute;gion parisienne, et encore moins du pays entier. Le forum o&ugrave; se retrouvent les acqu&eacute;reurs du mod&egrave;le haut de gamme d&#8217;une marque prestigieuse sera n&eacute;cessairement socialement tr&egrave;s homog&egrave;ne, donc encore moins repr&eacute;sentatif. Enfin, il para&icirc;t &eacute;vident qu&#8217;un site web surtout remarquable pour la longueur des articles qui s&#8217;y trouvent, la complexit&eacute; de la langue qui y a cours, et l&#8217;aust&eacute;rit&eacute; de ses d&eacute;veloppements statistiques ne peut pr&eacute;tendre &agrave; une vocation grand public. Rien ne dit, en d&#8217;autres termes, qu&#8217;une m&ecirc;me enqu&ecirc;te men&eacute;e d&#8217;une fa&ccedil;on similaire dans un milieu tr&egrave;s diff&eacute;rent, jeunes amateurs de sensations, ou sages propri&eacute;taires d&#8217;utilitaires, n&#8217;aurait pas fourni des conclusions bien diff&eacute;rentes.</p>
<p> La synth&egrave;se qu&#8217;il faut b&acirc;tir &agrave; partir du mat&eacute;riel recueilli aura d&#8217;autre part une cons&eacute;quence fatale&nbsp;: puisque l&#8217;on cherche ce que des exp&eacute;riences singuli&egrave;res peuvent avoir de commun, on sera conduit &agrave; accorder une valeur diff&eacute;rente aux entretiens, selon qu&#8217;il se rapprochent ou non de la norme, du d&eacute;roulement d&#8217;une carri&egrave;re de motard par exemple, que l&#8217;on va d&eacute;finir. Et les entretiens les plus &eacute;loign&eacute;s de cette norme, trop singuliers pour &ecirc;tre inscrits dans une d&eacute;marche sociologique qui s&#8217;int&eacute;resse fatalement aux points communs et aux comportements collectifs, seront moins utiles, et moins utilis&eacute;s. L&#8217;ennui de ce type de d&eacute;marche, o&ugrave; l&#8217;on n&#8217;&eacute;tudie pas vraiment des faits, o&ugrave; l&#8217;on n&#8217;est jamais certain d&#8217;interpr&eacute;ter correctement ce que l&#8217;on observe, o&ugrave; l&#8217;on peut &ecirc;tre conduit &agrave; des interpr&eacute;tations relativement arbitraires, et en tout cas dont on n&#8217;est pas en mesure de prouver qu&#8217;elles sont vraies, est qu&#8217;elle ne peut &eacute;viter une certaine artificialit&eacute;, et un regrettable relativisme.<br />
 Il s&#8217;agit, en somme, d&#8217;un travail que l&#8217;on a tout fait pour rendre exact, sans pouvoir &ecirc;tre raisonnablement certain d&#8217;y &ecirc;tre arriv&eacute; ce qui, si l&#8217;on tient compte du nombre d&#8217;heures qui y ont &eacute;t&eacute; consacr&eacute;es, est relativement d&eacute;cevant. Au moins est-il termin&eacute;, d&eacute;finitif et, pour ceux que cela int&eacute;resse, disponible <a href="http://sociomotards.net/files/DBerger_M1_motards.pdf" target="_blank">ici</a>.</p>
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		<title>la composante sociale des accidents de la route</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Feb 2007 15:51:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Berger</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On l&#8217;apprend gr&#226;ce &#224; Baptiste Coulmont&#160;: les Actes de la recherche en sciences sociales, qui, par rapport &#224; des publications plus officielles telle la Revue fran&#231;aise de sociologie, sont un peu &#224; la recherche sociologique fran&#231;aise ce que Moto Journal &#233;tait &#224; Moto Revue, l&#8217;enfant turbulent n&#233; dans l&#8217;agitation des ann&#233;es soixante-dix, sont d&#233;sormais accessibles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On l&#8217;apprend gr&acirc;ce &agrave; <a href="http://coulmont.com/blog/2007/02/20/grande-chose-utile-les-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-sur-perseefr/">Baptiste Coulmont</a>&nbsp;: les <a href="http://www.ehess.fr/centres/cse/acterech.html">Actes de la recherche en sciences sociales</a>, qui, par rapport &agrave; des publications plus officielles telle la <a href="http://www.rfs-revue.com/" target="_blank">Revue fran&ccedil;aise de sociologie</a>, sont un peu &agrave; la recherche sociologique fran&ccedil;aise ce que Moto Journal &eacute;tait &agrave; Moto Revue, l&#8217;enfant turbulent n&eacute; dans l&#8217;agitation des ann&eacute;es soixante-dix, sont d&eacute;sormais accessibles en <a href="http://www.persee.fr/listIssues.do?key=arss"  target="_blank">ligne</a> depuis les premi&egrave;res livraisons, de 1975 &agrave; 2003, les ann&eacute;es suivantes &eacute;tant progressivement mises &agrave; la disposition du lecteur imp&eacute;cunieux sur <a href="http://www.cairn.info/revue.php?ID_REVUE=ARSS"  target="_blank">Cairn</a>. C&#8217;est l&#8217;occasion de retrouver un ancien <a href="http://www.persee.fr/showPage.do?urn=arss_0335-5322_1975_num_1_2_2456"  target="_blank">texte</a> de Luc Boltanski paru dans le num&eacute;ro 2, &laquo;&nbsp;Les usages sociaux de l&#8217;automobile : concurrence pour l&#8217;espace et accidents&nbsp;&raquo; dont, trente ans apr&egrave;s, et m&ecirc;me s&#8217;il s&#8217;int&eacute;resse uniquement aux automobilistes, bien des remarques restent&nbsp;pertinentes, peuvent sans grande difficult&eacute; &ecirc;tre &eacute;tendues &agrave; la moto, et montrent combien, en l&#8217;absence d&#8217;une authentique approche sociologique des conducteurs, qui interpr&egrave;terait donc leurs comportements en fonction de leurs origines et de leurs positions sociales, l&#8217;accidentologie se condamne &agrave; rester dans le domaine des pseudo-sciences.</p>
<p>Les tr&egrave;s rares analyses ethnographiques portant sur la question des accidents, et sur ce que l&#8217;on appelle d&eacute;sormais la violence routi&egrave;re, attestent pourtant bien de l&#8217;importance de ce facteur. Ainsi, Jean-Marie Renouard, qui, dans <a href="http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&amp;obj=livre&amp;no=1925"  target="_blank">As du volant et chauffards</a>, a conduit une soixantaine d&#8217;entretiens avec des automobilistes poursuivis au tribunal pour des d&eacute;lits routiers, note combien la nature de ceux-ci d&eacute;pend de la situation sociale de leurs auteurs, lesquels, neuf fois sur dix, sont des hommes. Les employ&eacute;s, ouvriers, petits commer&ccedil;ants seront tr&egrave;s majoritairement poursuivis pour avoir conduit en &eacute;tat d&#8217;impr&eacute;gnation alcoolique, tandis que les grands exc&egrave;s de vitesse, et alors m&ecirc;me que, contrairement aux ann&eacute;es soixante et soixante-dix o&ugrave; Luc Boltanski &eacute;crivait son article, l&#8217;am&eacute;lioration et l&#8217;homog&eacute;n&eacute;isation des performances des automobiles a permis, en quelque sorte, la d&eacute;mocratisation de ce d&eacute;lit particulier, restent des infractions de cadres et de professions lib&eacute;rales. <br />
 C&#8217;est que, au del&agrave; des approches supeficielles auxquelles Luc Boltanski r&egrave;gle leur compte d&#8217;une formule assassine, &laquo;&nbsp;pr&ecirc;chi-pr&ecirc;cha sacerdotal&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;terrorisme m&eacute;dical&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;verbalisme avant-gardiste&nbsp;&raquo;, le refus de prendre en consid&eacute;ration la composante sociale des accidents de la route proc&egrave;de d&#8217;abord de la pr&eacute;&eacute;minence du juridique : des premiers actes, avec ce constat amiable o&ugrave; l&#8217;affaire se r&egrave;gle en priv&eacute;, et avec sa compagnie d&#8217;assurance, aux &eacute;ventuelles suites judiciaires, l&#8217;ensemble du processus des accidents se place exclusivement dans le cadre l&eacute;gal d&#8217;une proc&eacute;dure. Et c&#8217;est seulement au tribunal, soit pour une infime proportion des cas, que l&#8217;automobiliste anonyme deviendra un individu qui, compte tenu du temps qui lui sera accord&eacute;, aura tout juste le temps de d&eacute;cliner son nom et sa profession. Le poids de ce syst&egrave;me normatif explique sans doute en grande partie pourquoi l&#8217;accidentologie ne peut se penser en dehors du principe de la faute et de la sanction, et pourquoi elle n&#8217;accepte pas de prendre en compte d&#8217;autres variables sociales que les plus &eacute;videntes, le sexe et l&#8217;&acirc;ge, param&egrave;tres les plus universels, puisqu&#8217;ils seront par exemple utilis&eacute;s pour donner &agrave; chaque individu son identifiant unique, le num&eacute;ro de s&eacute;curit&eacute; sociale, et donc les plus neutres. En ne poussant pas plus loin la segmentation sociom&eacute;trique, on &eacute;vite donc toute r&eacute;f&eacute;rence, et tout besoin de recourir, &agrave; une discipline rebelle comme la sociologie.</p>
<p>Luc Boltanski montre pourtant bien tout ce que les accidents doivent &agrave; ce paradoxe&nbsp; : alors que les propri&eacute;t&eacute;s de l&#8217;autoroute, voie sp&eacute;cialis&eacute;e par destination, comme de sa rue dans son quartier, sp&eacute;cialis&eacute;e par nature, limitent les occasions de rencontres socialement h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes, la route reste l&#8217;un des rares endroits o&ugrave; se c&ocirc;toient des acteurs que tout oppose et qui, g&eacute;n&eacute;ralement, s&#8217;&eacute;vitent. Et le carrefour, entre route principale et route secondaire en particulier, devient, au propre comme au figur&eacute;, le principal terrain d&#8217;une rencontre souvent brutale&nbsp;: &laquo;&nbsp;si les intersections constituent le lieu privil&eacute;gi&eacute; des collisions (&#8230;) c&#8217;est au moins pour une part qu&#8217;elles op&egrave;rent la rencontre fortuite, en un m&ecirc;me point de l&#8217;espace physique, d&#8217;espaces sociaux diff&eacute;rents, r&eacute;gis chacun par des r&egrave;gles propres et qui pourraient se superposer en nombre illimit&eacute; sans interf&eacute;rer, n&#8217;&eacute;tait la raret&eacute; absolue de l&#8217;espace physique. Le paysan qui, avec son tracteur, d&eacute;bouche d&#8217;un chemin de campagne et qui, traversant &agrave; l&#8217;aveugle la route nationale, p&eacute;n&egrave;tre dans le champ qui la borde et o&ugrave; il se rend, ne fait que suivre un trajet fray&eacute; de longue date, familier et charg&eacute; de significations quotidiennes, avec lequel la route reliant entre elles deux villes &eacute;loign&eacute;es interf&egrave;re par accident en se superposant un instant &agrave; lui. (Boltanski, Les usages sociaux de l&#8217;automobile, p 44). En 1972, pr&eacute;cise Luc Boltanski, les intersections totalisent 42&nbsp;% des accidents corporels ; en l&#8217;esp&egrave;ce, la situation d&#8217;ensemble a fortement &eacute;volu&eacute;, puisque, nous dit l&#8217;<a href="http://www.securiteroutiere.gouv.fr/infos-ref/observatoire/accidentologie/le-bilan-de-l.html"  target="_blank">ONISR</a>,&nbsp;elles ne repr&eacute;sentent plus en 2005 que 27&nbsp;% des accidents, et 12&nbsp;% des tu&eacute;s. Mais pour les motards, et selon la m&ecirc;me source, si, en 2004, la proportion d&#8217;accidents corporels reste, avec 29&nbsp;%, proche de la moyenne nationale, la part des tu&eacute;s dans ces circonstances est, elle, bien sup&eacute;rieure, puisque repr&eacute;sentant 29&nbsp;% du total en 2002, et encore 27&nbsp;% en 2003.<br />
 Les carrefours, en d&#8217;autres termes, sans doute gr&acirc;ce &agrave; leurs am&eacute;nagements, et au d&eacute;veloppement de priorit&eacute;s mat&eacute;rialis&eacute;es par des balises ou des signaux stop, sont devenus moins dangereux pour les usagers en g&eacute;n&eacute;ral, mais pas moins meurtiers pour les motards. Avec eux, le &laquo;&nbsp;malentendu symbolique entre indig&egrave;nes et &eacute;trangers&nbsp;&raquo; que d&eacute;crit Luc Boltanski, chacun ayant une interpr&eacute;tation propre et incompatible du code de&nbsp;la route et de son application &agrave; cet endroit pr&eacute;cis, devient incompr&eacute;hension radicale&nbsp;: entre &laquo;&nbsp;le paysan avec son tracteur&nbsp;&raquo; et le motard urbain en promenade ou en d&eacute;placement, l&#8217;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute;, somme des diff&eacute;rences entre les positions sociales, les lieux d&#8217;habitation, les pratiques, la nature des v&eacute;hicules et de leurs performances, atteint son maximum. Plus que diff&eacute;rent, le motard reste totalement ind&eacute;chiffrable, l&#8217;effort n&eacute;cessaire pour le comprendre se r&eacute;v&eacute;lant d&#8217;autant moins utile que cet &eacute;tranger, sur la route, ne se rencontre qu&#8217;en tr&egrave;s petit nombre et, &eacute;tant vuln&eacute;rable par nature, se montre inoffensif sauf pour ceux qui sont aussi vuln&eacute;rables que lui.</p>
<p>On comprend alors combien il est devient tentant, comme le fait l&#8217;<a href="http://www.inrets.fr/infos/fiches/axe1/pdf/sec10.pdf"  target="_blank">INRETS</a>, qui semble par ailleurs ne toujours pas avoir appris &agrave; distinguer cyclomoteurs et motocyclettes, de rejeter, contre le <a href="http://www.securiteroutiere.gouv.fr/IMG/Synthese/AA_RESPON.pdf"  target="_blank">constat</a> statistique, la responsabilit&eacute; de l&#8217;accident sur le motard et sur lui seul, au nom de formules simples mais constamment reprises, telles le sempiternel &laquo;&nbsp;attachement excessif &agrave; son statut prioritaire&nbsp;&raquo;. Indubitablement, ce type de raisonnement aussi rudimentaire que normatif simplifie la vie du chercheur et d&eacute;montre, a contrario, combien il importe, pour les accidentologues, de laisser la sociologie hors champ.</p>
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		<title>motards de circonstance</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Oct 2006 14:27:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Berger</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>En multipliant les obstacles &agrave; la circulation automobile, l&#8217;actuelle municipalit&eacute; parisienne instaurait des contraintes physiques dont nombre des cons&eacute;quences &eacute;taient pr&eacute;visibles &#8211; augmentation du temps de trajet des v&eacute;hicules individuels, diminution de leur vitesse moyenne, tr&egrave;s forte croissance de l&#8217;utilisation des deux-roues &agrave; moteur de faible cylindr&eacute;e accessibles aux titulaires du permis B &#8211; et d&#8217;autres moins. La prolif&eacute;ration des embarras a ainsi entra&icirc;n&eacute; l&#8217;essor d&#8217;un mode de transport original et qui, au moins par le nombre des soci&eacute;t&eacute;s qui le pratiquent et dont quelques-unes sont r&eacute;pertori&eacute;es chez <a href="http://www.motoservices.com/voyage/moto_taxi.htm" target="_blank">Motoservices</a>, conna&icirc;t aujourd&#8217;hui un fort d&eacute;veloppement alors m&ecirc;me que cette activ&eacute; cumule les paradoxes jusque dans l&#8217;intitul&eacute; qui leur est commun&eacute;ment attribu&eacute;, moto-taxi. En &eacute;tudiant les sites web o&ugrave; ces entreprises se pr&eacute;sentent, elles, leurs flottes et leurs prestations, on d&eacute;couvre en effet qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas pour elles d&#8217;exercer une activit&eacute; de taxi traditionnelle, laquelle implique des autorisations administratives dont ces soci&eacute;t&eacute;s disposent d&#8217;autant moins que rien, a priori, ne permet de penser que les autorit&eacute;s de tutelle pr&eacute;voient que l&#8217;on puisse utiliser autre chose qu&#8217;une automobile pour rendre ce type de service. Ces entreprises se pr&eacute;sentent donc comme pratiquant le transport de personnes, lequel s&#8217;effectue seulement sur r&eacute;servation, ce qui leur permet de se rattacher &agrave; la cat&eacute;gorie d&eacute;j&agrave; existante des locations de v&eacute;hicules avec chauffeur. Si ce premier &eacute;l&eacute;ment est largement mis en &eacute;vidence sur leurs sites, aucune ne pr&eacute;cise la cons&eacute;quence l&eacute;gale de leur principal argument de vente, la dur&eacute;e garantie d&#8217;une prestation qui, pour l&#8217;essentiel, permet de relier Paris &agrave; ses deux principaux a&eacute;roports, Orly et Roissy&nbsp;; car assurer en un temps d&eacute;fini et tr&egrave;s inf&eacute;rieur &agrave; celui d&#8217;un taxi ordinaire ce type de course quel que soit l&#8217;&eacute;tat du trafic implique le recours syst&eacute;matique &agrave; la circulation entre les files, laquelle reste officiellement interdite.</p>
<p>Mais le coeur de l&#8217;argumentaire des compagnies de moto-taxis, celui qu&#8217;il est int&eacute;ressant d&#8217;analyser, se d&eacute;veloppe de mani&egrave;re minutieuse dans une strat&eacute;gie qui leur permet, un point apr&egrave;s l&#8217;autre, de gommer toutes les limitations objectives que pr&eacute;sente un deux-roues &agrave; moteur employ&eacute; dans un  tel usage, aussi bien que tous les pr&eacute;suppos&eacute;s n&eacute;gatifs relatifs &agrave; l&#8217;objet et que l&#8217;on imagine pr&eacute;sents dans l&#8217;esprit des clients, lesquels sont, par d&eacute;finition, des profanes. Et il est int&eacute;ressant de constater, &agrave; la lecture de quelques-unes des r&eacute;actions de ceux-ci, que cette strat&eacute;gie de d&eacute;samor&ccedil;age n&#8217;est ni n&eacute;cessairement utile, ni forc&eacute;ment efficace.</p>
<h3>cachez cet objet</h3>
<p>Il suffit de dresser la liste des besoins et des attentes que peuvent avoir les clients d&#8217;un taxi, d&#8217;&eacute;tablir en somme un cahier des charges, pour se rendre compte &agrave; quel point le deux-roues &agrave; moteur ne remplit &agrave; peu pr&egrave;s aucune des conditions ainsi requises. Impossible, par exemple, de partir &agrave; trois en moto en emportant les bagages de ses vacances annuelles. Inutile d&#8217;en attendre les avantages de la carrosserie, la protection contre le froid et les intemp&eacute;ries, la relative s&eacute;curit&eacute; en cas de collision. Difficile d&#8217;assurer cette si pr&eacute;cieuse communication avec le chauffeur ou, &agrave; d&eacute;faut, l&#8217;&eacute;coute d&#8217;une radio. Illusoire, enfin, d&#8217;esp&eacute;rer une quelconque certitude d&#8217;&eacute;chapper &agrave; l&#8217;al&eacute;a irr&eacute;ductible du deux-roues &#8211; la chute. L&#8217;argumentaire des compagnies de moto-taxi consistera donc &agrave; reprendre chacune de ces limitations, et &agrave; d&eacute;montrer &agrave; quel point, &agrave; cause des pr&eacute;cautions qu&#8217;ils prennent, et du soin qu&#8217;ils mettent &agrave; assurer leurs prestations, elles se trouvent priv&eacute;es de pertinence.</p>
<p>En mati&egrave;re de v&eacute;hicules, deux &eacute;coles coexistent&nbsp;: la plus imm&eacute;diate privil&eacute;gie le confort et la capacit&eacute; d&#8217;emport gr&acirc;ce &agrave; des engins comme la Honda Goldwing ou la BMW K1200LT, extr&ecirc;mement lourds puisque leur poids &agrave; sec d&eacute;passe 350 Kg, et fort encombrants, donc assez peu adapt&eacute;s au passage entre les files de voitures. A contrario, d&#8217;autres pr&eacute;f&egrave;rent ces deux-roues plus petits, plus maniables et moins chers que sont les gros scooters tels le Suzuki 650 Burgman. Dans un cas comme dans l&#8217;autre, l&#8217;argumentaire sera identique et visera, en d&eacute;cr&eacute;tant la monture &laquo;&nbsp;au niveau des productions automobiles les plus &eacute;volu&eacute;es&nbsp;&raquo;, en pr&eacute;cisant que &laquo;&nbsp;des ailerons de protection sont dispos&eacute;s de part et dâ€™autre du moteur et forment un arceau de s&eacute;curit&eacute;&nbsp;&raquo;, en insistant sur le fait que &laquo;&nbsp;la Goldwing est &eacute;quip&eacute;e de suspensions r&eacute;glables &agrave; distance afin d&#8217;optimiser ses qualit&eacute;s de tenue de route, du tr&egrave;s moderne syst&egrave;me de freinage ABS/DCBS permettant des arr&ecirc;ts rapides et efficaces&nbsp;&raquo;, &agrave; tout faire pour &eacute;loigner les v&eacute;hicules utilis&eacute;s du domaine inqui&eacute;tant de la moto et les faire rentrer dans celui de la technologie s&ucirc;r et s&eacute;curisante qui caract&eacute;rise l&#8217;automobile. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, on ne se contentera pas d&#8217;insister sur la fiabilit&eacute; du personnel, son exp&eacute;rience, son professionnalisme parfois acquis sur les routes du <a href="http://www.city-bird.com/chauffeurs.php">Tour de France</a>&nbsp;; on va, le plus souvent, &eacute;liminer sa d&eacute;signation habituelle dans le monde motard, pilote, &agrave; cause de ses connotations de risque et de performance, pour la remplacer par le vocable d&#8217;usage dans l&#8217;univers des taxis&nbsp;: chauffeur, lequel implique une relation de subordination &agrave; l&#8217;oppos&eacute; de l&#8217;image du motard rebelle, relation que l&#8217;on va confirmer en pr&eacute;cisant que ceux-ci s&#8217;acquitteront de leur t&acirc;che &laquo;&nbsp;avec une courtoisie qui a fait notre r&eacute;putation&nbsp;&raquo;.<br />
 L&agrave; o&ugrave; les motards assurent leur protection contre le froid, la pluie&nbsp;et les chutes &agrave; l&#8217;aide d&#8217;une palette d&#8217;&eacute;quipements sp&eacute;cifiques, le client occasionnel se pr&eacute;sentera, in&eacute;vitablement, en tenue de ville, son bagage &agrave; la main&nbsp;; il faudra donc lui fournir &agrave; la fois l&#8217;obligatoire &#8211; casque dans une dimension adapt&eacute;e &#8211; le n&eacute;cessaire &#8211; vestes, pantalons pluie, gants, surbottes, tabliers fix&eacute;s sur les v&eacute;hicules et prot&eacute;geant du froid et des intemp&eacute;ries &#8211; et le <a href="http://www.city-bird.com/confort.php">superflu</a> &#8211; corolle de papier jetable qui assurera l&#8217;hygi&egrave;ne du casque, intercom qui permettra de communiquer avec le chauffeur, de t&eacute;l&eacute;phoner&nbsp;et, dans certains cas, d&#8217;&eacute;couter la radio. Pour les bagages, les capacit&eacute;s sont&nbsp;pr&eacute;cis&eacute;ment <a href="http://parismotos.free.fr/bagages.html" target="_blank">d&eacute;finies</a>&nbsp;: une sacoche d&#8217;ordinateur, une petite valise, &eacute;ventuellement un sac a dos, tout le n&eacute;cessaire, en somme, pour un d&eacute;placement professionnel de quelques jours en avion, n&eacute;cessaire qui correspond exactement aux besoins de la client&egrave;le vis&eacute;e. Et pour convaincre les pessimistes, les derniers r&eacute;cacitrants, m&ecirc;me la prise&nbsp;en charge du pire est pr&eacute;vue, avec la souscription d&#8217;assurances couvrant sp&eacute;cifiquement le transport de personnes et qui permettent, de plus, de se distinguer d&#8217;une <a href="http://www.city-bird.com/assurances.php">concurrence</a> qui ne prendrait pas des pr&eacute;cautions similaires, se rendant ainsi coupable d&#8217;amateurisme.</p>
<p>Ainsi, en traitant soigneusement une question apr&egrave;s l&#8217;autre, en proposant, avec minutie, soit une solution mat&eacute;rielle, soit un argumentaire rassurant, les soci&eacute;t&eacute;s de moto-taxi visent &agrave; annuler le handicap ins&eacute;parablement li&eacute; &agrave; ce v&eacute;hicule qui justifie seul leur activit&eacute;, au point de ne plus laisser subsister qu&#8217;une irr&eacute;ductible diff&eacute;rence&nbsp;: une moto emporte un passager et un seul m&ecirc;me si, pour l&#8217;animal de compagnie, on peut &eacute;ventuellement s&#8217;arranger.</p>
<h3>l&#8217;avis de la client&egrave;le</h3>
<p>Pourtant, rien ne prouve qu&#8217;une telle d&eacute;bauche d&#8217;arguments soit&nbsp;n&eacute;cessaire, ni qu&#8217;elle soit efficace. Sur le blog de Deedee, on trouve ainsi quelques avis inform&eacute;s sur la question, en particulier celui de <a href="http://deedee.canalblog.com/archives/2006/06/22/2144365.html" target="_blank">Laure</a>&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Moi j&#8217;ai d&eacute;j&agrave; essay&eacute;. Je devais me rendre de porte de St Cloud, &agrave; Orly. Avion &agrave; prendre. Impossible de le louper, rdv pro important &agrave; la cl&eacute;. P&eacute;riph satur&eacute;, autoroute bloqu&eacute;e. Un type de mon bureau me dit &laquo;&nbsp;mais attends, tu connais pas les taxis 2 roues? y&#8217;a scooter et moto&nbsp;&raquo;. Et l&agrave;, je tombe de l&#8217;armoire, je ne savais m&ecirc;me pas que ce service existait. Me voil&agrave; en train de reserver le deux roues (j&#8217;avais juste un tout petit bagage &agrave; main, je devais rentrer le lendemain matin). Tout de suite, vite, j&#8217;ai un avion. Le type se pointe, en retard, s&#8217;excuse, me tend un casque et me dit &laquo;&nbsp;vous avez combien de temps devant vous?&nbsp;&raquo; et moi, &agrave; mon grand malheur je r&eacute;ponds &laquo;&nbsp;euh&#8230;bin&#8230;c&#8217;est &agrave; dire que&#8230;mon avion d&eacute;colle dans une heure&#8230;&nbsp;&raquo;. Et l&agrave;, le gars (pas du tout celui de la photo) me r&eacute;torque &laquo;&nbsp;pas de probl&egrave;me ma p&#8217;tite dame, c&#8217;est comme si on y &eacute;tait&nbsp;&raquo;. Tout &ccedil;a pour vous dire qu&#8217;on a fil&eacute; tel l&#8217;&eacute;clair, que j&#8217;ai cru mourir 50 fois, je suis arriv&eacute;e &agrave; temps mais dans un &eacute;tat&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..faillis v&ocirc;mir. <br />
 Mais c&#8217;est certain, pour les gens press&eacute;s et rock&#8217;n roll, &ccedil;a le fait quand m&ecirc;me.</p></blockquote>
<p> M&ecirc;me si, pour le cas de Laure, la question de l&#8217;efficacit&eacute; d&#8217;arguments dont elle n&#8217;avait pas connaissance ne se pose pas, rien ne dit qu&#8217;ils seront plus utiles dans une situation plus banale, &agrave; la fois parce qu&#8217;on attend d&#8217;une prestation de ce type qu&#8217;elle rende un minimum de services qu&#8217;il est donc inutile de vanter &#8211; arriver en vie &agrave; destination, avec ses bagages et dans un &eacute;tat pr&eacute;sentable &#8211; faute de quoi on peut fort de s&#8217;en passer, et parce que, pour le profane, la force de ses repr&eacute;sentations n&eacute;gatives li&eacute;es &agrave; la moto a toutes les chances de prendre le pas sur un simple argumentaire commercial, par d&eacute;finition biais&eacute;.</p>
<p>Il faut alors tracer quelques hypoth&egrave;ses quant aux caract&eacute;ristiques sociales de cette client&egrave;le particuli&egrave;re, par lesquelles elle peut s&#8217;opposer aux clients qui, pour effectuer les m&ecirc;mes trajets dans des situations professionnelles comparables, ont exclusivement recours aux taxis traditionnels&nbsp;.<br />
 Car la justification de l&#8217;urgence et de l&#8217;agenda surcharg&eacute; ne sauraient suffire, puisqu&#8217;elles s&#8217;appliqueront a fortiori &agrave; des cadres plus &acirc;g&eacute;s et encore plus accabl&eacute;s de responsabilit&eacute;s mais qui, &agrave; en juger par les quelques <a href="http://www.city-bird.com/testimoniaux.php">portraits</a> d&#8217;utilisateurs que propose l&#8217;une de ces soci&eacute;t&eacute;s, ne comptent pas au nombre de leurs clients. Tr&egrave;s probablement, ceux-ci se recruteront plut&ocirc;t dans les tranches d&#8217;&acirc;ge et dans les milieux o&ugrave;, notamment par le d&eacute;veloppement des scooters, lesquels, stationnant en nombre sur les trottoirs devant la soci&eacute;t&eacute;, permettent de rep&eacute;rer &agrave; coup s&ucirc;r l&#8217;agence de publicit&eacute;, l&#8217;entreprise de presse ou d&#8217;&eacute;dition, ou le prestataire de service&nbsp;en mati&egrave;re de communication, l&#8217;usage du deux-roues &agrave; moteur para&icirc;tra bien moins exotique que dans des secteurs plus traditionnels, et cela parce que la distinction que procure ce moyen de transport compte au nombre des raisons d&#8217;&ecirc;tre de leur activit&eacute;. Le moto-taxi, au fond, offre une raison socialement acceptable de participer tr&egrave;s occasionnellement &agrave; la prise de risque du monde motard, et de capitaliser le prestige que procure ce risque pris au nom de l&#8217;efficacit&eacute; de l&#8217;entreprise, toutes raisons aupr&egrave;s desquelles l&#8217;argumentaire de ces prestataires passe pour ce qu&#8217;il est&nbsp;: une justification rationnellement opposable de cet emprunt des traits propres au monde motard que partagent le temps d&#8217;un trajet ces motards d&#8217;occasion. En somme, seuls les acteurs dont les dispositions sociales s&#8217;accordent aux exigences de l&#8217;objet, dispositions o&ugrave; l&#8217;on touvera &agrave; la fois l&#8217;importance d&#8217;un certain prestige social attach&eacute; &agrave; l&#8217;originalit&eacute;, et un rapport particulier au risque, prendront celui de s&#8217;assoir &agrave; l&#8217;arri&egrave;re d&#8217;une moto-taxi.</p>
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		<title>post scriptum</title>
		<link>http://sociomotards.net/2006/01/23/post-scriptum/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2006 18:27:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Berger</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://these.mondomicile.perso/?p=23</guid>
		<description><![CDATA[ Il serait tr&#232;s hypocrite de laisser quelque &#233;crit que se soit en libre acc&#232;s via Internet, et de s&#8217;&#233;tonner ensuite que les propos qu&#8217;il contient soient repris, diffus&#233;s, et parfois mal compris et d&#233;form&#233;s. Aussi, les quelques commentaires que les visiteurs ont laiss&#233; &#224; propos de mon analyse du document de la S&#233;curit&#233; Routi&#232;re [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> Il serait tr&egrave;s hypocrite de laisser quelque &eacute;crit que se soit en libre acc&egrave;s via Internet, et de s&#8217;&eacute;tonner ensuite que les propos qu&#8217;il contient soient repris, diffus&eacute;s, et parfois mal compris et d&eacute;form&eacute;s. Aussi, les quelques commentaires que les visiteurs ont laiss&eacute; &agrave; propos de mon <a href="http://mastermoto.nuage-ocre.net/index.php?2005/11/01/3-l-onisr-blanchisseur-de-statistiques">analyse du document</a> de la S&eacute;curit&eacute; Routi&egrave;re relatif &agrave; l&#8217;accidentologie moto, ainsi que les propos que j&#8217;ai pu lire ici et l&agrave; sur les forums, me conduisent &agrave; apporter quelques compl&eacute;ments. En me lan&ccedil;ant dans ce travail&nbsp;qui devrait conduire &agrave; un master de sociologie, j&#8217;ai fort banalement commenc&eacute; mon &eacute;tude par la recherche de sources de documentation secondaires, de toute nature, relatives &agrave; la moto, et essay&eacute; avant tout de trouver les statistiques qui permettraient de r&eacute;pondre &agrave; cette question en principe simple&nbsp;: combien de motards aujourd&#8217;hui en France ?<br /> En cours de route, gr&acirc;ce &agrave; Google, je suis donc tomb&eacute; &#8211; je n&#8217;ai pas &eacute;t&eacute; le premier, un forum consacr&eacute; &agrave; la Fazer en parle d&egrave;s avril 2005 &#8211; sur cet assez stup&eacute;fiant document de l&#8217;ONISR, dont j&#8217;ai &eacute;tudi&eacute; trois points qui m&#8217;ont sembl&eacute; particuli&egrave;rement significatifs, et relatifs &agrave; mon propos qui concerne la moto d&#8217;un point de vue sociologique, mais ne s&#8217;int&eacute;resse pas particuli&egrave;rement &agrave; l&#8217;accidentologie.</p>
<p>Comme tout le monde l&#8217;a compris, le chiffre essentiel est celui qui permet &agrave; l&#8217;ONISR d&#8217;estimer &agrave; 1 % la place de la moto dans le trafic global, chiffre qui est &agrave; son tour le produit de deux estimations&nbsp;: celle du parc de v&eacute;hicules, et celle du kilom&eacute;trage moyen, estimations dont au moins la premi&egrave;re n&#8217;a aucune raison d&#8217;exister, puisqu&#8217;il suffirait de compter les cartes grises pour obtenir un d&eacute;nombrement raisonnablement exact du parc de motos en circulation. Et le fait que l&#8217;Etat ne proc&egrave;de pas ainsi, alors que les motos, apr&egrave;s les v&eacute;hicules particuliers et les utilitaires, repr&eacute;sentent la troisi&egrave;me cat&eacute;gorie de v&eacute;hicules la plus nombreuse, est, n&eacute;cessairement, extr&ecirc;mement significatif&nbsp;: l&agrave;, on pourrait oser le jeu de mots bourdieusien, et dire que ceux que l&#8217;Etat ne compte pas ne comptent pas. Naturellement, il m&#8217;est impossible de faire &agrave; sa place le travail de l&#8217;Etat&nbsp;: j&#8217;apporte quelques indices, quelques d&eacute;nombrements rapidement faits &agrave; partir du site de Moto Station, lesquels, comme le pr&eacute;cise Jean-Noel en commentaire, peuvent fort bien &ecirc;tre biais&eacute;s, encore que l&#8217;on puisse en discuter, et qui sont de toute fa&ccedil;on impr&eacute;cis, en raison des intervalles de classes trop larges qu&#8217;utilise Moto Station, site qui n&#8217;a pas comme premier objectif de recueillir des chiffres de kilom&eacute;trage pr&eacute;cis. Mais cela n&#8217;a pas grande importance : ce qui compte, c&#8217;est que l&#8217;affirmation pr&eacute;remptoire selon laquelle les motards repr&eacute;sentent 1 % du trafic total ne s&#8217;appuie sur aucune donn&eacute;e fiable, que la marge d&#8217;erreur peut &ecirc;tre &eacute;norme, et que toute r&eacute;&eacute;valuation de ce chiffre diminue en proportion l&#8217;accidentatlit&eacute; relative&nbsp;: si les motos forment en r&eacute;alit&eacute; 2 % du trafic, leur accidentalit&eacute; est par d&eacute;finition deux fois inf&eacute;rieure &agrave; ce que l&#8217;Etat pr&eacute;tend qu&#8217;elle est.</p>
<p>Si, pour ce qui concerne le parc et le kilom&eacute;trage, on reste dans le flou, il n&#8217;en est pas de m&ecirc;me pour la mesure des vitesses, m&ecirc;me si, d&eacute;couvrant tardivement la notice m&eacute;thodologique qui leur est consacr&eacute;e, l&#8217;essentiel de ma critique se trouve dans une note de bas de page&nbsp;: or, produites par une proc&eacute;dure d&#8217;&eacute;chantillonage biais&eacute;e et une taille d&#8217;&eacute;chantillon qui varie du trop faible au ridiculement minusucle, les donn&eacute;es de l&#8217;ONISR relatives &agrave; la vitesses des motos sont en quelque sorte fausses au carr&eacute;.</p>
<p>Enfin, le troisi&egrave;me &eacute;l&eacute;ment de mon analyse est, lui, qualitatif, et porte sur l&#8217;&eacute;tude d&#8217;un accident choisi par l&#8217;ONISR, au milieu de milliers d&#8217;autres, pour repr&eacute;senter une situation typique, celle du refus de priorit&eacute; dont un motard est victime. Or, tout le travail d&#8217;analyse de l&#8217;Observatoire va conduire &agrave; inverser les responsabilit&eacute;s, excusant la faute de la conductrice qui s&#8217;est arr&ecirc;t&eacute;e au signal stop mais n&#8217;a pas vu le motard, g&ecirc;n&eacute;e par une voiture mal stationn&eacute;e, reportant la responsabilit&eacute; sur le motard &agrave; cause d&#8217;une vitesse tr&egrave;s sup&eacute;rieure &agrave; celle qui &eacute;tait autoris&eacute;e. Cette attitude est politique en ce sens qu&#8217;elle marque, comme on dit chez nous, une rupture de la neutralit&eacute; axiologique, ou, plus vulgairement, un parti-pris. On peut la comparer&nbsp;avec celle du gouvernement britannique, dans son &eacute;tude <span style="font-style: italic;">In-depth study of motorcycle accidents</span>, que l&#8217;on trouve par exemple en lien sur cette <a href="http://www.thinkroadsafety.gov.uk/campaigns/motorcycles/motorcycles02.htm"  target="_blank">page</a>. L&agrave;, on d&eacute;crit en page 23 un accident mortel cons&eacute;cutif &agrave; une sortie de route en courbe. Le motard, accompagn&eacute; d&#8217;un ami, pilotait une Kawasaki neuve, avec un permis obtenu onze jour plus t&ocirc;t lors d&#8217;un stage intensif ; la courbe pouvait &ecirc;tre n&eacute;goci&eacute;e sans difficult&eacute; &agrave; la vitesse maximale autoris&eacute;e, laquelle &eacute;tait respect&eacute;e par le motard. On voit que les britanniques, eux, choisissent une situation o&ugrave; l&#8217;inexp&eacute;rience seule, et l&#8217;insuffisance de la formation, expliquent l&#8217;accident&nbsp;; on peut imaginer ce que l&#8217;ONISR aurait fait &agrave; la place. </p>
<p>D&#8217;une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, j&#8217;incite les anglophones &agrave; se rendre sur le site du <a href="http://www.dft.gov.uk" target="_blank">Minist&egrave;re</a> britannique des transports et, dans la masse de documents consacr&eacute;s aux deux-roues, &agrave; lire celui qui pr&eacute;sente sa politique en mati&egrave;re de moto, The government&#8217;s motorcycle strategy&nbsp;; je cite l&#8217;introduction&nbsp;:<br />
 &laquo;&nbsp;Le gouvernement s&#8217;engage &agrave; apporter son soutien &agrave; l&#8217;utilisation du deux-roues motoris&eacute; qui repr&eacute;sente une part importante de l&#8217;offre de transports, et &agrave; travailler avec les repr&eacute;sentants des motards pour r&eacute;pondre aux besoins des motocyclistes.&nbsp;&raquo;<br />
 C&#8217;est sign&eacute; David Jamieson, Secr&eacute;taire d&#8217;Etat aux transports du gouvernement de Tony Blair&nbsp;; c&#8217;est la Grande-Bretagne, sur une autre plan&egrave;te. </p>
<p>Une pr&eacute;cision technique pour finir&nbsp;: ce site fonctionne gr&acirc;ce &agrave; <a href="http://www.dotclear.net/" target="_blank">DotClear</a>, la plate-forme de blogs d&eacute;velopp&eacute;e par <a href="http://www.neokraft.net/" target="_blank">Olivier Meunier</a>. Progressivement, avec la publication de nouveaux billets, mon analyse de la brochure de la S&eacute;curit&#038;eacute Routi&egrave;re sera d&eacute;plac&eacute;e vers le bas de la page d&#8217;accueil, puis cessera d&#8217;&ecirc;tre visible sur celle-ci. Donc, si l&#8217;on d&eacute;sire faire un lien vers cet article, il faut prendre comme cible non pas la page d&#8217;accueil, index.php, mais le billet lui m&ecirc;me&nbsp;: un clic sur son titre, et il s&#8217;ouvre dans sa propre fen&ecirc;tre &agrave; son adresse, ce qui, de plus, permet de laisser un commentaire. Ici, il s&#8217;agit de<br /> <strong>http://mastermoto.nuage-ocre.net/index.php?<br />2005/11/01/3-l-onisr-blanchisseur-de-statistiques</strong>.<br /> J&#8217;essayerai de faire plus court la prochaine fois.</p>
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