{"id":20,"date":"2008-05-15T19:39:48","date_gmt":"2008-05-15T18:39:48","guid":{"rendered":"http:\/\/these.mondomicile.perso\/?p=20"},"modified":"2008-05-15T19:39:48","modified_gmt":"2008-05-15T18:39:48","slug":"la-manifestation","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/2008\/05\/15\/la-manifestation\/","title":{"rendered":"la manifestation"},"content":{"rendered":"<p>Que seuls les motards manifestent &agrave; moto n&rsquo;est que la premi&egrave;re des constatations triviales que l&rsquo;on peut faire en s&rsquo;int&eacute;ressant &agrave; leur recours, d&rsquo;abord inorganis&eacute; et incontr&ocirc;l&eacute;, puis de plus en plus encadr&eacute; avec l&rsquo;acquisition progressive par la <a href=\"http:\/\/www.ffmc.asso.fr\/\" target=\"_blank\">FFMC<\/a> de l&rsquo;ensemble des pratiques, connaissances et relais n&eacute;cessaire &agrave; la production de ce que <a href=\"http:\/\/www.pressesdesciencespo.fr\/livre\/?GCOI=27246100529510\" target=\"_blank\">Pierre Favre <\/a>appelle des manifestations routini&egrave;res, &agrave; ce moyen d&rsquo;expression politique dont la banalit&eacute; m&ecirc;me aurait pu faire &eacute;chec &agrave; l&rsquo;analyse. Car, si l&rsquo;on fait abstraction de leur caract&eacute;ristique principale, le fait qu&rsquo;elles se d&eacute;roulent &agrave; moto, ces d&eacute;monstrations semblent au premier abord &eacute;tonnamment proches des ordinaires d&eacute;fil&eacute;s revendicatifs : elles sont r&eacute;guli&egrave;res, puisqu&rsquo;on en compte au moins une &agrave; deux par an, et qu&rsquo;il ne se passe pas d&rsquo;ann&eacute;e sans manifestation motarde, elles se d&eacute;roulent selon un parcours d&eacute;termin&eacute;, pr&eacute;alablement d&eacute;clar&eacute; aux autorit&eacute;s comp&eacute;tentes, et elles comprennent presque toujours quelques actions annexes, discours, mises en sc&egrave;ne, l&acirc;chers de ballons ou destructions de fausses contraventions, actions emprunt&eacute;es au traditionnel r&eacute;pertoire de la manifestation syndicale.<br \/>\n A contrario, elles se distinguent fondamentalement des actions men&eacute;es par d&rsquo;autres groupes qui, eux aussi, manifestent avec un v&eacute;hicule, routiers, ambulanciers, chauffeurs de taxis, voire, tout r&eacute;cemment, la cat&eacute;gorie en devenir des <a href=\"http:\/\/www.motomag.com\/La-grogne-des-motos-taxis-3272.html\" target=\"_blank\">motos-taxis<\/a>. Professionnels aux commandes de leur outil de travail, et souvent ind&eacute;pendants, donc propri&eacute;taires de celui-ci, les actions de ces cat&eacute;gories d&rsquo;acteurs sont en effet &agrave; la fois gr&egrave;ve et manifestation, ce qui explique, d&rsquo;une part, qu&rsquo;elles soient exceptionnelles et, d&rsquo;autre part, qu&rsquo;elles aient g&eacute;n&eacute;ralement pour objectif d&rsquo;exercer une pression politique avec un but pr&eacute;cis, et qu&rsquo;elles puissent donc se r&eacute;p&eacute;ter aussi longtemps que ce but n&rsquo;est pas atteint, ou que l&rsquo;&eacute;chec de la revendication n&rsquo;est pas accept&eacute;. <\/p>\n<p>Rien de tel chez les motards ou, pour &ecirc;tre plus pr&eacute;cis, dans les manifestations organis&eacute;es par la FFMC. L&agrave;, c&rsquo;est un groupe social qui manifeste, et pour lequel, comme on le verra plus loin, le d&eacute;fil&eacute; est l&rsquo;une des occasions d&rsquo;affirmer, en plus de ses revendications particuli&egrave;res, son existence en tant que groupe sp&eacute;cifique. Et cette manifestation emploiera un r&eacute;pertoire d&rsquo;action &eacute;labor&eacute; au cours du temps, largement original, notamment parce que des contraintes techniques triviales interdisent le recours aux m&eacute;thodes des manifestants &agrave; pied, m&eacute;thodes que l&rsquo;on va d&eacute;tailler en particulier gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;analyse des deux principales manifestations parisiennes de l&rsquo;ann&eacute;e 2007, celle du <a href=\"http:\/\/www.motomag.com\/Manifs-moto-nationales-Paris-1574.html\"  target=\"_blank\">15 avril<\/a>, de port&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale, et celle du <a href=\"http:\/\/www.motomag.com\/Manifs-moto-nationales-Paris-1574.html\"  target=\"_blank\">14 octobre<\/a>, dont l&rsquo;objectif, protester contre l&rsquo;interdiction faite aux deux-roues motoris&eacute;s d&#8217;emprunter le tunnel qui, reliant Versailles &agrave; Rueil-Malmaison, marquera la fin des travaux de l&rsquo;autoroute circulaire A 86, int&eacute;ressait essentiellement la grande r&eacute;gion parisienne. Comme toujours &agrave; Paris, ces d&eacute;fil&eacute;s sont organis&eacute;s un dimanche apr&egrave;s-midi&nbsp;; et comme cela arrive parfois, lors de ces deux dimanches, il a fait tr&egrave;s beau voire, en avril 2007, tr&egrave;s chaud. Personne ne conteste qu&rsquo;il s&rsquo;agisse l&agrave; d&rsquo;une condition indispensable au plein succ&egrave;s d&rsquo;une manifestation motarde.<\/p>\n<h3>rassemblement et d&eacute;fil&eacute;<\/h3>\n<p>Tr&egrave;s t&ocirc;t dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un mouvement n&eacute; &agrave; la toute fin des ann&eacute;es 70, le processus sp&eacute;cifique de la manifestation motarde s&rsquo;est cristallis&eacute;. D&rsquo;une certaine fa&ccedil;on, sa contrainte premi&egrave;re et ind&eacute;passable d&eacute;coule de la statique&nbsp;: puisque l&rsquo;on d&eacute;file sur un v&eacute;hicule qui n&rsquo;est pas stable en dessous de 20&nbsp;km\/h, la vitesse moyenne de la d&eacute;monstration sera plus &eacute;lev&eacute;e, donc bien sup&eacute;rieure &agrave; celle des ordinaires manifestations p&eacute;destres. Elle durera donc beaucoup moins longtemps, tout en parcourant plus de kilom&egrave;tres. L&rsquo;occupation de l&rsquo;espace public, donc la g&ecirc;ne caus&eacute;e &agrave; ses usagers, sera, sauf exception, bien moindre, et le sera d&rsquo;autant moins que, m&ecirc;me &agrave; Paris, le nombre des manifestants ne d&eacute;passera jamais quelques milliers&nbsp;: le mouvement motard se trouvera donc toujours priv&eacute; de ce moyen de pression, &agrave; la fois physique et symbolique, du grand nombre des participants, manque qu&rsquo;il lui faudra bien compenser, partiellement, d&rsquo;une autre mani&egrave;re. M&ecirc;me s&rsquo;ils ne r&eacute;unissent jamais plus de quelques milliers de manifestants, les d&eacute;fil&eacute;s motards n&eacute;cessitent par contre, lors du rassemblement pr&eacute;alable, de monopoliser une surface assez consid&eacute;rable&nbsp;: souvent utilis&eacute; dans les premi&egrave;res ann&eacute;es du mouvement, le lieu de rendez-vous du Champ de Mars, avec sa dimension symbolique, a c&eacute;d&eacute; la place &agrave; l&rsquo;esplanade du ch&acirc;teau de Vincennes, un parking qu&rsquo;il appartient aux militants, quelques heures avant le d&eacute;but du parcours, d&rsquo;occuper. Tr&egrave;s t&ocirc;t aussi, l&rsquo;heure de d&eacute;part des manifestations parisiennes a &eacute;t&eacute; fix&eacute; &agrave; 15 heures&nbsp;; cet horaire pour le moins inhabituel permet pourtant &agrave; la fois, si l&rsquo;on tient compte de la bri&egrave;vet&eacute; d&rsquo;un d&eacute;fil&eacute; qui durera rarement plus de deux heures, de proc&eacute;der &agrave; la manifestation, et de permettre aux participants, &eacute;videmment tous venus par leurs propres moyens, et &agrave; moto, d&rsquo;accomplir dans la journ&eacute;e un trajet aller et retour qui peut &ecirc;tre assez long, et donne donc aux manifestations parisiennes un large rayonnement&nbsp;: ainsi, la manifestation du 14 octobre, portant sur un th&egrave;me pourtant assez local, a-t-elle vu des participants venus d&rsquo;Orl&eacute;ans, Rouen ou Compi&egrave;gne.<\/p>\n<p>Par rapport &agrave; une manifestation classique, le r&eacute;pertoire des moyens d&rsquo;expression auxquels les motards peuvent recourir se r&eacute;v&egrave;le par ailleurs extr&ecirc;mement limit&eacute;. Si l&rsquo;on remarque toujours la pr&eacute;sence d&rsquo;un camion &eacute;quip&eacute; d&rsquo;un mat&eacute;riel de sonorisation, et d&rsquo;un seul, l&rsquo;unique banderole qui ouvrait autrefois les d&eacute;fil&eacute;s a aujourd&rsquo;hui disparu. En effet, dans la mesure o&ugrave; il est difficile &agrave; un motard de tenir autre chose qu&rsquo;un guidon, la banderole relevait de la responsabilit&eacute; des passagers de side-car&nbsp;: en pla&ccedil;ant deux motos attel&eacute;es c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te en t&ecirc;te de cort&egrave;ge, on pouvait faire porter une banderole par les passagers&nbsp;; mais la disparition progressive des side-cars, dont les effectifs ne cessent de diminuer dans un parc de motocycles en croissance continue, ne permet plus de compter sur cet unique recours &agrave; l&rsquo;expression &eacute;crite. Il ne reste alors plus qu&rsquo;une seule ressource, que l&rsquo;on peut, fort heureusement, mettre &agrave; contribution sans aucun m&eacute;nagement&nbsp;: le bruit. En plus des moteurs, des avertisseurs sonores, des sifflets et des sir&egrave;nes que certains apportent, les limiteurs de sur-r&eacute;gime donnent aux manifestations motardes une signature sonore incomparable. Ces dispositifs, qui visent &agrave; prot&eacute;ger, en coupant leur allumage, les moteurs lors d&rsquo;acc&eacute;l&eacute;rations trop intenses risquant de les entra&icirc;ner dans la zone rouge, provoquent des d&eacute;tonations tr&egrave;s bruyantes. On comprend alors que les modes d&rsquo;expression traditionnels, slogans, chansons, fanfare, n&rsquo;aient pas lui d&rsquo;&ecirc;tre dans un environnement sonore qui se caract&eacute;rise essentiellement par son intensit&eacute;, le camion son n&rsquo;&eacute;tant pas employ&eacute; lors du d&eacute;fil&eacute; lui m&ecirc;me, mais &agrave; l&rsquo;occasion des pauses durant lesquelles, moteurs coup&eacute;s, on &eacute;coute les interventions des responsables, ainsi que lors des discours qui pr&eacute;c&egrave;dent le d&eacute;part.<br \/>\n Pas de banderole, pas de slogan, une communication sonore non verbale qui se limite &agrave; produire le plus de bruit possible : on le voit, la capacit&eacute; &agrave; exprimer des revendications pr&eacute;cises lors d&rsquo;une manifestation motarde semble de prime abord extr&ecirc;mement r&eacute;duite.<\/p>\n<p>Pourtant, il n&rsquo;en est rien. D&rsquo;une part, la manifestation ne repr&eacute;sente que l&rsquo;un des modes d&rsquo;inscription, et le plus g&eacute;n&eacute;ral, de la revendication motarde dans l&rsquo;espace public, l&rsquo;autre, lui aussi tr&egrave;s t&ocirc;t cristallis&eacute; sous le qualificatif d&rsquo;action, portant des r&eacute;clamations plus ponctuelles et plus expressives, et m&eacute;ritant un d&eacute;veloppement s&eacute;par&eacute;. D&rsquo;autre part, la sc&eacute;nographie de la manifestation d&eacute;montre une capacit&eacute;, que seuls les motards exploitent, &agrave; inscrire dans l&rsquo;espace public, de la fa&ccedil;on m&ecirc;me dont celle-ci se d&eacute;roule, sa justification. Car, diam&eacute;tralement &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; des parcours syndicaux, traditionnels et r&eacute;p&eacute;titifs, dans le style Bastille &#8211; Nation, les d&eacute;fil&eacute;s motards sont toujours originaux, par leur parcours, par leurs inflexions, par leur agencement, au point que leur pr&eacute;paration donne lieu &agrave; un v&eacute;ritable concours d&rsquo;id&eacute;es. Et puisque l&rsquo;essentiel de la revendication s&rsquo;exerce contre les pouvoirs publics, et conteste de multiples mani&egrave;res la ligne politique que ceux-ci appliquent &agrave; la moto, les d&eacute;fil&eacute;s sont, entre autres, l&rsquo;occasion de protester par l&rsquo;exemple contre cette politique, en d&eacute;montrant son absence de pertinence. Ainsi, la manifestation nationale du 15 avril 2007, une semaine avant le premier tour des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles, prenait &agrave; Paris une couleur particuli&egrave;re, avec des revendications sp&eacute;cifiques&nbsp;: contre la Pr&eacute;fecture et sa p&eacute;nalisation de la \u00ab\u00a0remont&eacute;e entre les files\u00a0\u00bb pratiqu&eacute;e, en particulier sur le Boulevard p&eacute;riph&eacute;rique, par les deux-roues, contre les \u00ab\u00a0espaces civilis&eacute;s\u00a0\u00bb de l&rsquo;adjoint au maire charg&eacute; des transports, le Vert Denis Baupin, dans lesquels la place laiss&eacute;e aux v&eacute;hicules individuels est drastiquement r&eacute;duite. Parti de l&rsquo;esplanade du ch&acirc;teau de Vincennes, le d&eacute;fil&eacute; a ainsi emprunt&eacute; le Boulevard p&eacute;riph&eacute;rique entre la porte Dor&eacute;e et la porte de Pantin, en se d&eacute;ployant de telle sorte que chaque moto occupait le m&ecirc;me emplacement qu&rsquo;une voiture, en roulant au milieu des voies. Ainsi, on montrait d&rsquo;une part l&rsquo;importance de l&rsquo;espace qui serait inutilement occup&eacute; si les deux-roues se comportaient, selon la r&egrave;glementation, comme des automobiles et, avec plusieurs milliers de participants, on fournissait d&rsquo;autre part l&rsquo;occasion de clich&eacute;s spectaculaires, du haut des viaducs franchissant le p&eacute;riph&eacute;rique. Le d&eacute;fil&eacute; emprunta ensuite l&rsquo;avenue Jean-Jaur&egrave;s, et plus tard le boulevard de Magenta, deux art&egrave;res remodel&eacute;es selon les normes de \u00ab\u00a0l&rsquo;espace civilis&eacute;\u00a0\u00bb et difficiles &agrave; parcourir avec leur gabarit r&eacute;duit, leur dessin sinueux et la prolif&eacute;ration d&rsquo;obstacles et de bordures qui les rendent particuli&egrave;rement dangereuses pour les deux-roues. Arriv&eacute; place de la R&eacute;publique, une premi&egrave;re pause sera l&rsquo;occasion d&rsquo;un discours et d&rsquo;une op&eacute;ration symbolique de nature plus traditionnelle, le d&eacute;p&ocirc;t dans une urne d&rsquo;un bulletin pr&eacute;alablement distribu&eacute; &agrave; Vincennes, avant de rejoindre la place de la Concorde, lieu d&rsquo;un second discours et emplacement souvent choisi pour la dispersion. Le 14 octobre 2007, l&rsquo;ampleur comme l&rsquo;objectif de la contestation &eacute;taient diff&eacute;rents&nbsp;: il s&rsquo;agissait, quelques mois avant la mise en service pr&eacute;vue du tunnel reliant Versailles &agrave; Rueil-Malmaison et cl&ocirc;turant l&rsquo;autoroute circulaire A86, de protester contre son interdiction aux deux-roues motoris&eacute;s. Le lieu de rendez-vous, l&rsquo;all&eacute;e des Fortifications qui longe l&rsquo;hippodrome d&rsquo;Auteuil et d&eacute;bouche sur la place de la Porte d&rsquo;Auteuil, procurait &agrave; la fois l&rsquo;espace n&eacute;cessaire au rassemblement progressif des motards, et un acc&egrave;s imm&eacute;diat au d&eacute;but du parcours, l&rsquo;autoroute A13. Sur la place, le camion-son permit de retransmettre, en plus des allocutions des organisateurs, celle, tout &agrave; fait exceptionnelle, d&rsquo;un &eacute;lu, le <a href=\"http:\/\/sergemery.over-blog.org\/article-18656028.html\" target=\"_blank\">vice-pr&eacute;sident<\/a> socialiste de la r&eacute;gion Ile-de-France en charge des transports, lui aussi motard, et oppos&eacute; &agrave; l&rsquo;interdiction. Le cort&egrave;ge emprunta ensuite l&rsquo;A13 jusqu&rsquo;&agrave; Vaucresson, o&ugrave; se situe l&rsquo;un des points d&rsquo;entr&eacute;e du tunnel&nbsp;: apr&egrave;s une pause et un discours, il passa par la D173, une voie sinueuse, &eacute;troite et pourvue d&rsquo;une dangereuse bordure centrale en b&eacute;ton que poids-lourds et deux-roues devront prendre pour pouvoir ensuite de nouveau rejoindre l&rsquo;A86 au d&eacute;bouch&eacute; du tunnel, &agrave; Rueil-Malmaison, o&ugrave; aura lieu la dispersion. <\/p>\n<h3>police et service d&rsquo;ordre<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression d&rsquo;une revendication qui passe pour l&rsquo;essentiel par un mode particulier d&rsquo;utilisation de l&rsquo;espace public ne repr&eacute;sente pas la seule particularit&eacute; des manifestations motardes. L&rsquo;ordre y est en effet assur&eacute;, par un service d&rsquo;ordre sp&eacute;cialis&eacute; dont les t&acirc;ches seront bien diff&eacute;rentes de celles que celui-ci assume dans un d&eacute;fil&eacute; traditionnel, et,&nbsp;tr&egrave;s accessoirement, par la police, selon des modalit&eacute;s elles aussi particuli&egrave;res. A Paris, le service d&rsquo;ordre rassemble des militants fiables et exp&eacute;riment&eacute;s, qui re&ccedil;oivent une formation sp&eacute;cifique. Il n&rsquo;y aurait l&agrave; rien d&rsquo;exceptionnel si sa mission visait tr&egrave;s rarement &agrave; maintenir effectivement l&rsquo;ordre, c&rsquo;est &agrave; dire &agrave; contr&ocirc;ler les d&eacute;bordements &eacute;ventuels des participants, voire &agrave; contrecarrer l&rsquo;action d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments ext&eacute;rieurs profitant de la pr&eacute;sence de manifestants pour se livrer &agrave; des d&eacute;lits divers. Car, c&ocirc;t&eacute; manifestants, il n&rsquo;existe gu&egrave;re de risque de d&eacute;bordements, ni de d&eacute;gradation de biens, puisque l&rsquo;on a affaire &agrave; des gens qui d&eacute;filent aux commandes d&rsquo;un bien dont ils sont propri&eacute;taires et qu&rsquo;ils d&eacute;testeraient voir d&eacute;grad&eacute;, et qui ne prendront pas l&rsquo;initiative d&rsquo;une action violente ; de la m&ecirc;me fa&ccedil;on, un provocateur &agrave; pied aurait bien du mal &agrave; rejoindre un cort&egrave;ge de motards&nbsp;: il lui faudrait courir tr&egrave;s vite, et il risquerait de se faire assez facilement rep&eacute;rer. Le service d&rsquo;ordre de la FFMC est pourtant particuli&egrave;rement solide&nbsp;: hi&eacute;rarchis&eacute;, identifi&eacute; par le port d&rsquo;un gilet r&eacute;fl&eacute;chissant jaune, pour ses membres ordinaires, ou orange, pour les responsables qui assignent les t&acirc;ches, il re&ccedil;oit une formation dispens&eacute;e par l&rsquo;AFDM, l&rsquo;association de formation de la FFMC, dans le but d&rsquo;am&eacute;liorer la ma&icirc;trise que ses participants ont de leur moto. Car leur travail est difficile&nbsp;: il consiste pour l&rsquo;essentiel &agrave; assurer la fluidit&eacute; et la s&eacute;curit&eacute; du d&eacute;fil&eacute; en bloquant les carrefours pour emp&ecirc;cher d&rsquo;&eacute;ventuels automobilistes de le perturber en circulant au milieu des motards. Il leur faut donc, en permanence, remonter le cort&egrave;ge &agrave; allure soutenue et au milieu des manifestants, prendre position &agrave; un carrefour, bloquer les autres v&eacute;hicules, laisser le d&eacute;fil&eacute; passer, et recommencer plus loin. Accessoirement, il peut &ecirc;tre n&eacute;cessaire de calmer tel ou tel participant, adepte par exemple du burn-out, une pratique qui consiste &agrave; faire patiner la roue arri&egrave;re en acc&eacute;l&eacute;rant tout en maintenant les freins avant bloqu&eacute;s, l&rsquo;&eacute;chauffement du pneu provoquant alors assez vite de forts d&eacute;gagements de fum&eacute;e&nbsp;; il s&rsquo;agit moins l&agrave; de pr&eacute;venir un &eacute;ventuel danger que de sauvegarder une ligne d&eacute;fendue depuis toujours par la FFMC, celle d&rsquo;un comportement raisonnable, &agrave; l&rsquo;oppos&eacute; d&rsquo;une certaine image de la virilit&eacute; motarde dont elle a toujours cherch&eacute; &agrave; se distinguer.<\/p>\n<p>En somme, on l&rsquo;aura remarqu&eacute;, ce service d&rsquo;ordre tr&egrave;s professionnel, exclusivement compos&eacute; de militants aguerris et test&eacute;s, dans leurs capacit&eacute;s comme dans leur fiabilit&eacute;, lors d&rsquo;entra&icirc;nements &eacute;pisodiques, a comme fonction principale d&rsquo;assurer une mission qui rel&egrave;ve r&eacute;glementairement des seules pr&eacute;rogatives de la force publique, ou, en d&rsquo;autres termes, de faire &agrave; sa place le travail de la police, travail que, faute d&rsquo;effectifs, celle-ci &eacute;prouverait bien des difficult&eacute;s &agrave; mener &agrave; bien. Car c&rsquo;est l&agrave; une des autres caract&eacute;ristiques des manifestations motardes&nbsp;: la police en est presque totalement absente. Les unit&eacute;s fixes de maintien de l&rsquo;ordre, CRS et gendarmes mobiles, apparaissent, en petit nombre et en fin de manifestation, seulement pour interdire des emplacements pr&eacute;cis, le pont de la Concorde menant &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e Nationale ou, plus encore, le quai de la Corse, au nord de la Pr&eacute;fecture de police, et pour veiller au bon d&eacute;roulement de ce moment d&eacute;licat, la dispersion, laquelle, &agrave; Paris, s&rsquo;effectue le plus souvent au centre de la capitale. Mais l&rsquo;&Eacute;tat disposant d&rsquo;une quantit&eacute; consid&eacute;rable de gendarmes, policiers ou CRS aussi mobiles que les motards, puisqu&rsquo;&eacute;galement motocyclistes, il ne devrait pas &eacute;prouver de difficult&eacute;s &agrave; d&eacute;l&eacute;guer les effectifs n&eacute;cessaires &agrave; l&rsquo;encadrement de manifestants qui ne font qu&rsquo;exercer un droit, et le font en toute l&eacute;galit&eacute;. Aussi la maigreur du peloton affect&eacute; &agrave; cette t&acirc;che, et que l&rsquo;on voit traditionnellement s&rsquo;aligner &agrave; proximit&eacute; du lieu de rassemblement une demi-heure avant l&rsquo;heure pr&eacute;vue pour le d&eacute;part, et sans chercher &agrave; &eacute;tablir de contact avec les organisateurs, &eacute;tonne&nbsp;: la grande manifestation du 15 avril 2007, o&ugrave;, toujours g&eacute;n&eacute;reuse dans ses calculs, la FFMC a d&eacute;nombr&eacute; 7000 participants &agrave; Paris, &eacute;tait&nbsp;encadr&eacute;e, en tout et pour tout, par sept motardes et motards de la Police Nationale. Sans doute, une semaine avant le premier tour des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles, les effectifs disponibles avaient-ils mieux &agrave; faire qu&rsquo;accompagner une manifestation o&ugrave; aucun d&eacute;bordement n&rsquo;est &agrave; craindre.<\/p>\n<h3>spectateurs et participants<\/h3>\n<p>La police n&rsquo;est pas seule &agrave; ne pr&ecirc;ter qu&rsquo;une attention distraite aux manifestations motardes&nbsp;: la presse, le plus souvent, et sans doute en partie pour des raisons identiques, fait de m&ecirc;me. &Agrave; la notable exception du Parisien, exception qui s&rsquo;explique sans doute par le caract&egrave;re plus local et plus populaire qui distingue ce journal des grands titres nationaux, la presse &eacute;crite est le plus souvent absente. Pour des raisons similaires, la seule &eacute;quipe t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e presque toujours pr&eacute;sente est celle de France&nbsp;3 Ile-de-France&nbsp;: encore se contente-t-elle, en g&eacute;n&eacute;ral, de faire quelques plans au d&eacute;but et au milieu du parcours. La manifestation du 14 octobre 2007, contre l&rsquo;interdiction du tunnel de l&rsquo;A86, fait exception, avec une plus large couverture de presse, et une pr&eacute;sence constante, tout au long de la manifestation, de l&rsquo;&eacute;quipe de France 3, circulant au milieu des motards&nbsp;: la cha&icirc;ne pourra ainsi produire un sujet d&rsquo;une dur&eacute;e standard, 1&rsquo;43\u00a0\u00bb, diffus&eacute; au journal t&eacute;l&eacute;vis&eacute; du soir, alors que les comptes-rendus de ces d&eacute;fil&eacute;s se limitent le plus souvent &agrave; une br&egrave;ve qui ne d&eacute;passe pas les 20&Prime;. Le caract&egrave;re local et ponctuel de la revendication, la mise en cause d&rsquo;un &eacute;quipement qui concernera aussi, et surtout, les automobilistes, et tranche donc sur une th&eacute;matique qui n&rsquo;int&eacute;resse g&eacute;n&eacute;ralement que les seuls motards, permet de comprendre pourquoi cette manifestation-l&agrave; a suscit&eacute; plus d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t.<br \/>\n On se trouve donc bien loin de la \u00ab\u00a0manifestation de papier\u00a0\u00bb que d&eacute;crit <a href=\"http:\/\/www.persee.fr\/web\/revues\/home\/prescript\/article\/arss_0335-5322_1984_num_52_1_3329?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false\"  target=\"_blank\">Patrick Champagne<\/a>, pour lequel&nbsp;: \u00ab\u00a0On pourrait presque dire, sans forcer l&rsquo;expression, que le lieu r&eacute;el o&ugrave; se d&eacute;roulent les manifestations, qu&rsquo;elles soient violentes et spontan&eacute;es ou pacifiques et organis&eacute;es, n&rsquo;est pas la rue, simple espace apparent, mais la presse (au sens large). Les manifestants d&eacute;filent en d&eacute;finitive pour la presse et pour la t&eacute;l&eacute;vision&#8230;\u00a0\u00bb Comme on l&rsquo;a dit plus haut, la rue a d&rsquo;autant plus d&rsquo;importance dans une manifestation motarde qu&rsquo;elle est &agrave; la fois le lieu et l&rsquo;objet de la revendication. Mais la presse grand public se contente g&eacute;n&eacute;ralement de les mentionner d&rsquo;un simple d&eacute;p&ecirc;che&nbsp;; et, &agrave; l&rsquo;exception de <a href=\"http:\/\/www.motomag.com\/rubrique.php3?id_rubrique=1\" target=\"_blank\">Moto Magazine<\/a>, le mensuel issu du mouvement motard, et de <a href=\"http:\/\/www.moto-net.com\/index.php\"  target=\"_blank\">Moto Net<\/a> organe de presse en ligne dont le r&eacute;dacteur fait preuve d&rsquo;un militantisme certain, et fait partie des habitu&eacute;s des manifestations, il en va largement de m&ecirc;me pour la presse sp&eacute;cialis&eacute;e. Quant aux spectateurs toujours l&agrave; par hasard, les informations relatives &agrave; l&rsquo;heure et au parcours de la manifestation ne se diffusant gu&egrave;re au del&agrave; du monde motard, ils sont, justement, au spectacle, le d&eacute;fil&eacute; pittoresque et \u00ab\u00a0bon enfant\u00a0\u00bb, pour reprendre les termes de France&nbsp;3, parfois agr&eacute;ment&eacute; d&rsquo;une petite sayn&egrave;te, de cette &eacute;trange population bruyante et casqu&eacute;e faisant, en particulier, beaucoup rire les enfants.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une manifestation motarde, on d&eacute;file donc, d&rsquo;abord et surtout, pour soi. Car la manifestation est pr&eacute;texte, et occasion unique, une ou deux fois l&rsquo;an, &agrave; r&eacute;unir les composantes tr&egrave;s diverses et atomis&eacute;es d&rsquo;un monde motard fortement segment&eacute; suivant de multiples crit&egrave;res, moto japonaise ou europ&eacute;enne,&nbsp;sportive ou routi&egrave;re, jeunes motards en roadster, couples d&rsquo;&acirc;ge m&ucirc;r sur une grande routi&egrave;re allemande. L&rsquo;observation les montre, arrivant seuls, en petits groupes de deux ou trois amis, en groupes plus &eacute;toff&eacute;s, clubs d&rsquo;utilisateurs de tel ou tel mod&egrave;le, et parfois de motos de collection, jeunes r&eacute;sidents de telle ou telle cit&eacute;, militants des antennes FFMC de d&eacute;partements n&rsquo;appartenant pas &agrave; l&rsquo;Ile de France et qui viennent participer au service d&rsquo;ordre. La grande manifestation du 15 avril 2007 a vu la participation remarqu&eacute;e de clubs de bikers, <a href=\"http:\/\/hdcwalhallas.skyrock.com\/\" target=\"_blank\">Wahalla&rsquo;s Riders<\/a> ou <a href=\"http:\/\/pagesperso-orange.fr\/road.monsters\/index.html\"  target=\"_blank\">Road Monsters<\/a>&nbsp;; or, l&rsquo;individualisme forcen&eacute; que l&rsquo;on pr&ecirc;te &agrave; ces amateurs de Harley-Davidson rend probl&eacute;matique leur participation &agrave; un &eacute;v&eacute;nement aussi consensuel&nbsp;: s&rsquo;ils sont aussi l&agrave;, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne manque vraiment personne. Plus encore que les grand-rendez-vous des comp&eacute;titions comme le Bol d&rsquo;Or, la manifestation de la FFMC reste la principale occasion de r&eacute;unir, non pas tous les motards, mais des repr&eacute;sentants de toutes les composantes de cet univers particulier, et est donc un moyen d&rsquo;affirmer, au-del&agrave; des particularismes, son existence en tant que tel, et son unit&eacute; face &agrave; un adversaire commun.<\/p>\n<p>La manifestation motarde, c&rsquo;est donc d&rsquo;abord un r&eacute;pertoire d&rsquo;action absolument singulier, o&ugrave; l&rsquo;on remplit un cadre socialement et r&egrave;glementairement bien &eacute;tabli d&rsquo;un contenu largement original et presque totalement sp&eacute;cifique. Mais, avec l&rsquo;exp&eacute;rience acquise par les organisateurs, et le service d&rsquo;ordre, avec l&rsquo;anciennet&eacute; des liens &eacute;tablis avec une autorit&eacute; publique qui en arrive &agrave; se dispenser presque totalement de l&rsquo;envoi des troupes, la routine guette&nbsp;: en fait, la confrontation principale avec le pouvoir administratif se produit avant le d&eacute;fil&eacute;, et porte sur la n&eacute;gociation du trajet, en particulier sur le fait de finir, comme cela s&rsquo;est produit plusieurs fois, place de la Concorde. L&rsquo;exp&eacute;rience montre que, quitte &agrave; l&eacute;g&egrave;rement d&eacute;vier du parcours officiellement d&eacute;pos&eacute;, ce point peut s&rsquo;obtenir, sinon dans une l&eacute;galit&eacute; formelle, du moins sans confrontation violente.<br \/>\n Pourtant, elle se distingue au moins sur un point capital de la manifestation routini&egrave;re dont Pierre Favre &eacute;crit que&nbsp;: \u00a0\u00bb (elle) trouve finalement son principe dans le pass&eacute;&nbsp;: ou bien elle perp&eacute;tue le souvenir de mobilisations anciennes (le 1er Mai est une comm&eacute;moration), ou bien on n&rsquo;y fait que rejouer sans trop de convictions, rituellement, une action telle qu&rsquo;elle &eacute;tait lorsqu&rsquo;elle produisait des changements majeurs\u00a0\u00bb. Si, en effet, le mouvement motard, comme d&rsquo;autres, &eacute;prouve aujourd&rsquo;hui des difficult&eacute;s &agrave; obtenir ces changements majeurs qui ont effectivement eu lieu au d&eacute;but de son existence, si la question de l&rsquo;utilit&eacute; de ces \u00ab\u00a0manifestations o&ugrave; l&rsquo;on vient comme &agrave; une garden party\u00a0\u00bb, comme l&rsquo;&eacute;crit la FFMC elle-m&ecirc;me, et qui valent comme un quitus que l&rsquo;on se donne &agrave; soi-m&ecirc;me pour solde d&rsquo;une activit&eacute; militante qui se limite &agrave; cette seule occurrence, se pose, la manifestation motarde conserve un double int&eacute;r&ecirc;t politique. D&rsquo;abord, le fait, m&ecirc;me dans le cadre d&rsquo;une manifestation routini&egrave;re, de toujours &ecirc;tre en mesure de mobiliser les motards par milliers, voire, sur la France enti&egrave;re, par dizaine de milliers, conserve un indispensable effet dissuasif. Ensuite, la manifestation ne repr&eacute;sente, en quelque sorte, que l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment routinier et officiel d&rsquo;un r&eacute;pertoire qui comprend, en parall&egrave;le, des formes plus &eacute;pisodiques, plus offensives, et moins l&eacute;gales, d&rsquo;action, auquel les m&ecirc;mes organisateurs auront recours le cas &eacute;ch&eacute;ant. Or celles-ci recrutent leurs participants dans ce r&eacute;servoir de militants mobilis&eacute;s pour la manifestation, et seront donc d&rsquo;autant plus cr&eacute;dibles et efficaces que ce r&eacute;servoir reste bien garni. La fonction dissuasive de la manifestation s&rsquo;exerce donc dans deux dimensions distinctes&nbsp;: comme garantie de l&rsquo;efficacit&eacute; d&rsquo;actions qui seront men&eacute;es par ailleurs, et comme menace potentielle d&rsquo;actions plus intenses, s&rsquo;il arrivait que certaines avanc&eacute;es d&eacute;j&agrave; obtenues, comme l&rsquo;existence de <a href=\"http:\/\/www.motomag.com\/Le-maire-de-Tremblay-est-pour-le-2141.html\" target=\"_blank\">Carole<\/a>, ce circuit r&eacute;serv&eacute; aux motards et d&eacute;finitivement provisoire, soient effectivement remises en cause&nbsp;: \u00ab\u00a0si Carole ferme, on bloque Paris\u00a0\u00bb, disait un membre &eacute;minent de la FFMC. Une des forces que conserve ce mouvement tient au fait que les pouvoirs publics savent qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une simple bravade.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que seuls les motards manifestent &agrave; moto n&rsquo;est que la premi&egrave;re des constatations triviales que l&rsquo;on peut faire en s&rsquo;int&eacute;ressant &agrave; leur recours, d&rsquo;abord inorganis&eacute; et incontr&ocirc;l&eacute;, puis de plus en plus encadr&eacute; avec l&rsquo;acquisition progressive par la FFMC de l&rsquo;ensemble des pratiques, connaissances et relais n&eacute;cessaire &agrave; la production de ce que Pierre Favre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,1],"tags":[],"class_list":["post-20","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/sociomotards.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}